P E T E R  L A R S E N

Je suis entré dans le palais de Tokyo comme dans un vieux grimoire.
Sur les sols durs et sur les murs sinistres, une écriture de taches bistre
Faisait des salles de ce lieu, des écrins de mémoire et l’engrais de cette histoire.

La brigade des Grands Verres sortait de la terre fertile une œuvre éphémère.
Le cadre était exquis, comme la baguette dorée autour d’un Dali.
La gastronomie est un art; à la table de Monsieur Bleu mon désir était heureux.

La journée est ici, comme le repos de l’oasis, plus riche que le sommeil.
Dans un faux repos, on déambule, tête en alerte, corps épanoui.
Mon lourd cerveau, roche de matière grise, ressentait l’art comme une brise.

De ce câlin éclairé, la gangue code-barrée s’est scindé en riche minerais.
Des murmures facettés des muses tokyoïtes les enveloppaient.
Sauvez ces missives, autour de votre cou, comme des sirènes hors de l’eau.
Peter Larsen
Palais de Tokyo, 2018
10 x 10 x 160 cm et colliers de tailles variables.

Peter Larsen
(Gustav-Adolf Mossa) Palumbo, 2018
10 x 10 x 160 cm.

La jungle est dos au mur, un mur de béton.
Comme pour l’astre au crépuscule, sa chute est à l’horizon.

Dans ma conscience la jungle s’enfonce.
J’ai croqué la pomme, avec les ronces il n’y a plus de connivence.

L’architecture de la ville est la nouvelle grille.
Dans le quadrillage de la sous-couche reptilienne, la biodiversité prend fin.

Muée en sous-jacente biomasse la nature s’efface.
La conscience d’aujourd’hui n’est que la subconscience de demain.
Peter Larsen
Rainforest, 2018
10 x 10 x 160 cm.

J’aurais dû voir dans l’arc-en-ciel un premier avertissement,
 l’immense affichage lequel j’ai cru partagé, n’était que le mien.
Une douche froide de solitude me donna la chair de poule.
Je comprenais avec effroi que l’univers de la couleur n’était qu’en moi.

Dans ce bain d’un arc lumineux nous partageons les photons,
mais le spectre n’est qu’émotion, intime religion, ma propre projection.
Comment vous dévoiler la vision d’une si singulière diffraction ?
Aucune émotion ne se partage sans savant montage.

Par des couleurs implicites et des contrastes insolites,
je vous fais le registre et la contexture, de mes sentiments obscurs.
À la vision de cette poésie, de mes abysses chromatiques intra crâniens,
vos sentiments seront maîtres pour distinguer les ombres des lettres.
Peter Larsen
Registre de Sentiments Particuliers, 2018
Pantone, 10 x 10 x 160 cm.

Peter Larsen
Aurélie Octavie Gabrielle Antoinette de Faucamberge, 2017
10 x 10 x 220 cm.

Peter Larsen
Midnight Datura, 2017
10 x 10 x 140 cm.

Peter Larsen
100% Pantone (Maeght), 2016
10 x 10 x 160 cm.

Peter Larsen
100% Pantone (Silvia), 2016
10 x 10 x 180 cm.

Peter Larsen
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, 2013 - 2016
10 x 10 x 100 cm.

Peter Larsen
Le syndrome de Stendhal, 2015
10 x 10 x 240 cm.

Peter Larsen
L’œuvre au noir, 2015
10 x 10 x 120 cm.

Peter Larsen
The Red Book - Jung - Liber Novus, 2015
10 x 10 x 120 cm.

Peter Larsen
Le chemin de Nietzsche, 2015
10 x 10 x 160 cm.

Peter Larsen
Désert, 2014
chacune 10 x 10 x 200 cm.

Peter Larsen
Lola chez Déli-Bo (avec Elise), 2013
10 x 10 x 250 cm.

Dans un élan de créer avec plus de verticalité,
j’empilais des feuilles de la plus grande horizontalité.

Relieur, je crée au lecteur, la vision de l’intérieur.
Comme la chair à l’esprit, je donne corps à l’écrit.

La compilation prenait forme d’une résurrection.
L’esprit du coq de Brancusi à mon insu s’y inscrivait.

Volume de la providence, je y ai vécu au cru,
qu’il m’offrait sa main, ce sculpteur, à ma naissance, disparu.

Heureuse découverte d’une dimension sécrète,
où la rencontre anachronique se manifeste, synchronique.

La dimension de l’art fait vivre à la fois l’instant et l’avant.
Ma main saisie par Brancusi, c’est maintenant de l’existant.
Peter Larsen
Bloc-notes Brancusi, 2001
papier, cuir, 15 x 18 x 27 cm.